TRIBUNE LIBRE : DONNER UN SENS AUX ELECTIONS COMMUNALES

2019-11-28

Élections communales, le sens...

Les quinze et vingt-deux mars 2020 nous sommes convoqués à nous prononcer sur l’avenir de notre commune dans le cadre de la démocratie délégataire, à savoir confier pour six ans à une future équipe de diriger, organiser et réfléchir la vie du village, notre vie commune.

Je n’aime pas le terme de municipales, il est réductible à l’aspect administratif de la vie... de l’acte de naissance à celui de décès ! Je préfère celui de communales... ce qui appartient et ce qui concerne la commune. La commune du latin communia, choses communes, la racine latine étant communis ayant donné commun : qui appartient à tous, qui concerne tout le monde, le plus grand nombre. Ce mot qui a aussi donné communale, communard, communauté, communier ... et même communisme !

A entendre certains ces élections ne sont pas « politiques »... interdit de rire, tournons nos regards vers Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux ou Biarritz et Bayonne... les ambitieux sont là, guerres fratricides, coups de couteaux dans le dos, traîtrises, alliances et mésalliances, renoncements, parachutage honteux et visibles... en effet, le terme exact serait plutôt celui de « politicardes » ou « politiciennes ».

A entendre d’autres contrairement aux grandes agglomérations, dans les petites villes et les villages, c’est dans ces lieux qu’elles ne seraient pas politiques ; ceci étant prouvé par les listes sans étiquettes, ensemble... etc...

Quitte à vous décevoir ou vous étonner j’ose affirmer que ces élections communales sont très politiques car elles dessinent pour toute communauté au moins une part de son avenir et de sa destinée. Politiques car nous confions aux élus une part de nos libertés en acceptant qu’ils décident en notre nom sans pouvoir même les contrôler.

Je ne reviendrai pas aujourd’hui sur le mandat qui s’achève, dans les trois mois qui viennent ce sera fait par celles et ceux qui se présenteront à nos suffrages ainsi que par leurs soutiens. Je sais aussi que ceux qui suivent la vie de la commune savent peu ou prou ce qui s’est passé, qui a dit quoi, qui a voté quoi et pourquoi, qui a créé des situations intolérables...

A Itsasu, les enjeux de mars 2020 peuvent se décliner ainsi... n’y voyez pas d’ordre de priorité, ce sont seulement quelques idées ou propositions pour alimenter le débat. Nul n’a la science infuse ou dispose de la vérité, ni vous, ni moi, mais nous

avons tous une sorte de devoir, celui de dire. Se taire peut être un choix, en la circonstance c’est une erreur.

Itsasu est un village basque, rural, à l’identité affirmée, un territoire marqué par l’histoire d’un peuple et de sa langue, dont l’environnement a été ciselé par les activités agricoles. Depuis des années son territoire est l’objet de bien de convoitises, nous sommes peu à peu devenus la nouvelle banlieue du BAB, le tourisme prend de plus en plus de place participant de la crise du logement, les prix s’envolent, des jeunes doivent quitter la commune, les plus démunis ne peuvent se loger décemment... Des terrains parmi les plus favorables au maintien et au développement de l’agriculture ont été cédés aux promoteurs immobiliers. La conséquence en est une sorte de dissolution de cette identité euskaldun et rurale. Il est indispensable que les futurs élus mettent en place une politique de l’espace qui stoppe cette fuite en avant immobilière et qui privilégie l’agriculture. Il est nécessaire que les futurs élus mettent en place une politique linguistique où l’euskara soit privilégié, car dans le cas contraire c’est participer à terme à la mort lente et programmée de la langue maternelle de ce territoire.

Nous vivons dans un état où la pauvreté ne cesse de progresser et l’écart entre les « riches » et les « pauvres » ne cesse de s’accroître. Bien entendu les raisons de cette situation, les responsables de cette iniquité ne sont pas à chercher au niveau de notre communauté (quoique la question mériterait d’être posée). Le système en place ne s’entend et ne se comprend qu’au travers de ces inégalités écœurantes qui sont son essence même. Mais Itsasu n’est pas indemne de cette situation. Certains de nos concitoyens vivent dans la misère, la précarité, les difficultés de fin de mois... chacun de nous en connaît, c’est évident. Mais certains sont invisibles, cachés, n’osent pas ou plus demander car la démarche peut leur apparaître insupportable et humiliante. Le devoir des futurs élus est de venir en aide aux plus démunis de notre communauté, ce n’est en aucun cas de la charité ou de prendre la place de services sociaux sacrifiés par l’état sur l’autel des premiers de cordes... C’est juste montrer que nous sommes une commune qui n’oublie personne et que ceux qui la dirigent ont un devoir de solidarité sociale.

Nous allons élire des personnes pour six ans, leur confier une part de nos responsabilités, sans recours pendant cette période. Ils prendront des décisions qui peuvent changer notre vie, des bonnes et des mauvaises, des justes et des injustes... afin de tenir compte, de connaître les avis qui peuvent d’ailleurs diverger les élus devront inventer des solutions pour faire participer aux décisions qui les concernent un maximum de nos concitoyens.

Nous vivons une grave « crise climatique » quiconque le nie se trompe. Ce n’est pas notre village qui arrêtera le processus dévastateur... mais nous devons prendre part à ce combat difficile car il peut remettre en cause nos modes de vie. Nos futurs élus devront réfléchir avec les itsasuar pour proposer des initiatives allant dans le sens de ralentir le processus de réchauffement et cela dans des domaines que nous pouvons maitriser : déplacements dans le village, économies d’énergie, modes de consommation, protection des animaux et des végétaux, captage du CO2, ralentissement puis abandon de l’utilisation des pesticides, herbicides et fongicides, que sais-je encore ?

Itsasu n’est pas seul au monde, nous sommes un petit point sur la carte de la planète, un tout petit point... mais nous faisons partie de ce monde, d’ailleurs beaucoup d’itsasuar n’hésitent pas à le parcourir, la Chine, Cuba, l’Afrique, le sud- est asiatique, l’Amérique dite latine... et combien d’autres pays encore, leurs peuples, leurs coutumes, leur langues, leurs paysages nous attirent. Alors pouvons- nous convenir que certains soient attirés par notre territoire, non pas pour faire du tourisme mais pour fuir la guerre, la souffrance, la misère... de nombreux expatriés sont arrivés en Pays Basque depuis quelques années, des dizaines et des dizaines ont été accueillis, hébergés, soutenus, de nombreux restent encore à la rue, souvent invisibles... une vingtaine d’entre elles et eux ont été accueillis à Itsasu dans des familles ou dans des logements par l’intermédiaire d’une association. Nos futurs élus ne peuvent ignorer la question et doivent s’engager à envisager de participer au nom de la commune à cet accueil...

Voilà quelques enjeux, il y en a certainement d’autres, je n’en doute pas... c’est donc à vous itsasuar de les identifier, d’en débattre et d’en tirer les conséquences...

Amets bat egin dut. Itsasu Herri Bai elkarteak hauteskundeetara aurkeztuko du. Zer izena listaren alde ?

Proposatzen dut : Itsasu euskaldun – baserri munduan – elkartasuna erabiliz – munduari zabalik.

Bruno Borthury. Itsasun 2019.11.26

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