Tombent les masques (2) – de la préférence nationale à la préférence villageoise

2016-2-29

Conseil municipal du 18 février 2016 : à la demande des élus d’herria bai est abordée la question des migrants à propos de laquelle un groupe de travail comprenant des élus et le CCAS avait pris des initiatives. Nous souhaitions connaître le bilan des premières décisions. De bilan nous n’eûmes point, le Maire faisant rapidement dévier la discussion et demandant un vote  pour savoir si le prochain logement communal disponible devait être attribué à un jeune itsasuar ou à un migrant, précisant quant à lui qu’il l’attribuerait à un jeune itsasuar (il ne précisa pas s’il devait être blanc, chrétien ou de droite !). Seuls trois conseillers acceptèrent le principe d’accueillir un migrant …Le vote demandé par le Maire n’a aucune valeur juridique puisqu’une question diverse ne peut faire l’objet d’une délibération (c’est peut-être d’ailleurs pour cela que les sujets « chauds » comme Balaki ou les migrants avaient été placés par le Maire en questions diverses). Ce qui est grave, inacceptable et écoeurant c’est l’idéologie qui accompagne cette demande du Maire, nous sommes en pleine préférence nationale version préférence villageoise du refus de l’autre, surtout du refus de l’étranger, du pauvre…la centaine de votants Front National à Itsasu vont pouvoir se réjouir leurs idées ont contaminé la majorité des conseillers.

Au fond l’appel du Maire à privilégier le jeune itsasuar c’est surtout l’appel au rejet du migrant car s’il voulait réellement aider les jeunes itsasuars il aurait mis en place une politique du logement, de l’urbanisme et du foncier qui ne ferait pas part belle aux promoteurs et à l’argent …Combien de jeunes n’ont pas accès au logement du fait des orientations de sa politique…et en plus il avoue qu’il n’aime pas le terme de logement social.

Certains mêmes qui ont voté cette préférence de type raciste sont des chrétiens convaincus fréquentant assidument les bancs des églises, nous espérons pour eux qu’ils courront à confession car ils viennent de pécher ! Et pour pénitence qu’ils méditent ce passage de l’évangile selon Mathieu  « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu,…prisonnier et vous êtes venu me voir ».

Pour les autres qu’ils écoutent Brassens « elle est à toi, cette chanson, toi, l’Auvergnat qui, sans façon, m’as donné quatre bouts de bois quand, dans ma vie, il faisait froid, toi qui m’as donné du feu quand les croquantes et les croquants, tous les gens bien intentionnés, m’avaient fermé la porte au nez… »

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que notre village traverse l’actualité des migrations voulues ou subies, il y a quelques dizaines d’années des basques laissaient crever des migrants dans la montagne, des itsasuars se livraient aux mêmes activités que les passeurs de Calais s’enrichissant sur le dos du Noir et de l’Arabe, ce n’est un secret pour personne.

Et n’ayons pas la mémoire courte, que dire de ces centaines de milliers de basques obligés ou choisissant de quitter leur pays pour vivre et qui ont émigré dans de nombreuses contrées, en particulier sur tout le continent américain. Et s’ils avaient tous trouvé porte close, haine et refus, croyez vous qu’aujourd’hui de par le monde prés de dix millions de leurs descendants continueraient à faire vivre l’euskara et leur culture ?

Les Mendivil du Mexique, les Hiribarne de Californie, les Harispuru du Chili, les Darquy d’Uruguay, les Larre de Cuba, les Ithurburua du Chili, les Machicotte d’Argentine, les Hiribarne de Colombie et les Usandisaga d’Equateur sont ils issus de générations spontanées ?

Je souhaite à tous ceux qui ne font que se cacher la vérité, qui s’abritent derrière des certitudes qui vont voler en éclat, qui construisent des murs dans leurs têtes et bientôt autour de leur cité de connaitre un jour le sort de ces syriens, afghans, lybiens ou soudanais. Et si ce jour personne ne leur tendait la main… 

 

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