L’aérodrome en question ?

2015-7-15

En 2007 la commune d’Itsasu est devenue propriétaire du site de l’aérodrome d’Ursumu s’engageant pour une période minimale de 3 ans de conserver la vocation aérodrome du terrain (à savoir jusqu’au 31 décembre 2009). La commune reçoit de l’état une compensation d’environ 20.000 € par an. Cet aérodrome est inscrit parmi les aérodromes agréés à usage restreint, c’est un aérodrome réservé au vol à voile et aux avions de servitude. En Pays Basque Nord il y a un seul aéroport Bayonne Anglet Biarritz et un seul aérodrome Itsasu. Il peut être utilisé par les hélicoptères et les aéronefs munis de radio. Leurs pilotes doivent alors disposer d’une autorisation de la Direction Générale de l’Aviation Civile. Il apparait que peu d’autorisations sont données par la DGAC (8 pour les avions en 2015, 13 pour les ULM –dont 8 sont à ce jour terminés – et autorisation pour les instructeurs ULM de l’aéro-club basque).

 

Le 7 aout 2008 la commune a signé un accord de gestion avec l’aéro-club Sous Lieutenant Iribarne dont la durée de validité (cinq ans renouvelables par tacite reconduction) actuelle est le 6 août 2018. La commune d’Itsasu a donc confié la gestion de l’aérodrome à l’aéroclub. Le gestionnaire a comme tâches essentielles les travaux d’entretien des immeubles bâtis et non bâtis, les liens avec l’aviation civile et la gestion de l’accès et de l’usage de l’aérodrome aux différents usagers. L’aéroclub est donc à la fois le gestionnaire et l’un des usagers.

 

Les usagers (en dehors des avions de servitude) sont le vol à voile et l’aéromodélisme. Il semble si on se réfère à un rapport du Bureau d’Enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile à propos d’un accident d’ULM du 2 octobre 2013 qu’ « un protocole d’accord entre le gestionnaire de l’aérodrome d’Itxassou et les dirigeants de l’Aéroclub de Biarritz autorise les pilotes-instructeurs de ce club à y mener des séances d’instruction ». Après enquête nous pouvons affirmer que ce protocole n’existe pas.

 

Un bruit s’est répandu qu’une école de pilotage s’ouvrirait l’aérodrome d’Itsasu, peut être est-ce lié à des autorisations de fin du précédent mandat ? Il faut savoir que pour l’ouverture d’une école de pilotage d’ULM il faudrait que le Maire en fasse la demande et que le conseil vote une délibération puisque la commune est « créateur » de l’aérodrome, ensuite il faudrait une modification du statut de l’aérodrome, modification administrative passant par la DGAC et le Ministère des transports (arrêté ministériel).

 

Une association contre les nuisances liées à l’aérodrome d’Itsasu a vu le jour et prés de 300 itsasuar ont signé une pétition. L’association constate que l’activité sur l’aérodrome s’est intensifiée jusqu’à la limite du supportable, que le centre de vol à voile a plus que doublé son activité, que l’armée a élu domicile à Itsasu comme les ULM, hélicoptères et petits avions, qu’Ursumu est devenu une zone aéronautique de non droit.

 

Il nous semble plus que temps que Le Maire et les élus se penchent avec courage et lucidité sur ce dossier et ce pour deux raisons : la commune est propriétaire de l’aérodrome donc responsable, il est nécessaire de clarifier une situation et de prendre des décisions, de rompre avec un certain laisser-aller.

 

 

Il nous semble qu’en l’affaire il faut séparer plusieurs éléments :

 

Le vol à voile, c’est l’usage premier de cet aérodrome et son activité historique. Le club de vol à voile est ouvert 4 jours par semaine. Le club assure environ 1000 heures de vol par an. Il pratique également les baptêmes de l’air en ULM et les vols motorisés en SF 28 (avion) et Ikarus (ULM). Ne serait-il pas raisonnable de limiter ces activités-là en conservant simplement la formation ULM planeur pour le vol à voile à Itsasu ? question …

 

L’armée : il est évident que le 1er RPIMA use et abuse (c’est bien dans leur devise « qui ose gagne !), dernièrement en quelques jours décollages et atterrissages incessants pour larguer les parachutistes à partir d’un DHC-6 Twin Otter. Cette situation peut cesser car il est du devoir du maire et de la collectivité d’en négocier ou d’en interdire la pratique. Quant à nous et sans nul doute que le 1er RPIMA ne vienne plus à Itsasu nous convient parfaitement !

 

Avions et ULM sauvages : il est indéniable que des pilotes d’ULM ou d’avions utilisent ou ont utilisé illégalement l’aérodrome…c’est un secret de polichinelle…un peu comme les limitations de vitesse qui ne seraient pas respectées…un peu comme la fraude fiscale…n’appartient il pas à l’administration communale de se donner les moyens pour que cela cesse…ou accepte-t-on le fait accompli ? au conseiller en charge de cette question de s’y atteler…et peut être à certains autres élus de s’abstenir de parader à chaque initiative du vol à voile (achat de l’ULM, remise de trophées …)

 

Il est temps que la collectivité prenne ce dossier en mains, qu’un débat public soit ouvert et que si nécessaire une consultation publique soit organisée sur le devenir de ce lieu. Ne serait-il pas opportun et dans un délai rapide d’ouvrir une concertation entre les élus, les usagers et les riverains afin d’offrir un cadre de vie de qualité aux riverains tout en préservant l’activité aéronautique ? Cette concertation pourrait déboucher sur une charte indiquant les mesures propres à diminuer les nuisances sonores.

 

Mais si cela est impossible…Ce qui était des fougeraies et des champs destinés à l’agriculture en 1955 pourrait le redevenir, ce n’est pas le sommeil et la tranquillité des itsasuar qui s’en verraient affectés ! A l’heure où les derniers terrains agricoles plats deviennent lotissements nous ne pourrions nous en offusquer ! Juste retour des choses…

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